A la mémoire de Charles Haddad

Nos Maitres nous enseignent, que lorsqu’un sage disparait, le monde entier devrait prendre le deuil.

Ils nous enseignent également, que c’est n’est pas au moment où il quitte le port qu’il faut applaudir un navire
Car la traversée est longue et dangereuse, au contraire c’est au moment où le navire accoste, après avoir affronté, avec succès tempêtes, écueils, pi
rates qu’il faut applaudir, et acclamer le capitaine.

Maitre Charles Haddad, est arrivé à bon port. Et après quel voyage exemplaire. !!

Vice-président aux cotés de Maitre Elie Nataf, puis Président du Conseil des Communautés isaélites de Tunisie.

Il en fut d’ailleurs le dernier président. Le Conseil ayant été dissout à la suite de l’affaire du cimetière de l’avenue Roustan

Avocat au Barreau de Tunis, puis de Marseille, Doyen du Barreau de Marseille, Chevalier de la Legion d’Honneur, Vice-Président du Congres Juif Mondial, Vice-Président du Consistoire central israélite de France, Membre important et influent de la fédération sioniste de France Et de l’Alliance Israélite Universelle

Membre important du bureau de l’Union mondiale des sépharades

Fondateur à Marseille, de la Synagogue Keter- Torah édifiée à la mémoire de son père Moïse Haddad, et du Centre du Judaïsme Tunisien.
Il a inauguré à Marseille la réplique exacte de la stéle du cimetière juif de Tunis édifiée à la mémoire des travailleurs forces juifs morts pendant l’occupation allemande.

Président fondateur de Marseille-Esperance, une asociation regroupant les dignitaires de toutes les religions repreésentées a Marseille. Juifs, chretiens, musulmans, boudhistes, et autres,
Grace à des rencontres régulières, ce dialogue inter- religieux a permis une connaissance mutuelle et a évité bien des heurts.

Fondateur et Président honoraire de Amit, dont le but est de reconstruire à Netanya la replique de la Grande Synagogue de Tunis- à ce propos les dons sont les bienvenus…

Aucune de ces presidences ne fut honorifique. Il n'était pas là pour inugurer les chrysanthèmes.

Il laisse partout le souvenir d’un homme dynamique, véritable acteur à part entière, attentif , un aiguillon pour tous

Ainsi, au cours d’une visite de l’Université de Jerusalem en 1961, il piqua une colère memorable, en apprenant que dans toute l’Université, il n’y avait que 2, deux, etudiants d’origines sepharades. Il rappela que les bourses cela existait. Et que l’on privait l’Etat d’Israel d’une partie de sa richesse
Et les sépharades obtinrent des bourses.

Tout au long de sa vie au service de la Communauté il a rencontré beaucoup de grands de ce Monde :
Pierre Mendes-France, Charles de Gaulle, Ben Gourion, Golda Meïr, et Nahum Goldman, qu’il a secondé à la tete du Congres juif Mondial.
Il effectua son stage de jeune avocat avec Habib Bourguiba.
Mais l’affaire du cimetière empoisonna leurs relations.

Ecrivain- conteur, plus conteur qu’écrivain il a, dans des livres-souvenirs, raconté la vie quotidienne des juifs de Tunisie, Leurs fêtes, leurs joies, leurs soucis.
Mais cette plongée dans le passé n’avait rien de nostalgique.
Il s’est arcbouté sur le passé pour mieux préparer l’avenir.
Appliquant l’enseignement selon lequel il faut savoir d’où on vient pour savoir où l’on va.

Il recherchait la compagnie des jeunes, profitant de ces rencontres pour faire passer son messsage, d’amour de la Torah, et des valeurs spirituelles du judaisme.
Mais il le faisait dans un esprit de tolérance. Son souci ultime étant de ne laisser personne au bord du chemin. De ne pas perdre une seule ême.
Il se sentait comptable de chaque juif.

La perte de sa femme en 1979, puis celle de son fils Albert, Bob, ont endeuillé le parcours exemplaire d’un homme exemplaire.

Puisse Dieu lui ouvrir bien grandes les portes du Oolam habah.

Max SITBON

Bibliographie :
- « Juifs et Arabes au pays de Bourguiba »
- « Juifs de Tunisie, à Bible vecue »
- « La Hara et Halfaouine contees »
- « Les quatre saisons du ghetto »
- « Les trois amours vecues »