La cuisine carthaginoise, un des plaisirs des plus raffinés...

comme tous les méditerranéens, les puniques se nourissaient avant tout de céréales et d'huile d'olive. On faisait, avec du blé et de l'ortge, non seulement du pain mais des bouillies.
Caton donne la recette de la puls punica :
- Mettez dans de l'eau un elivre de gruau et faites-la bien tremper.
- Versez-la dans une auge propre.
- Ajoutez 3 livres de fromage frais, une demi-livre de miel et un oeuf.
- Mélez bien le tout.
- Faites cuire dans une marmite neuve.

La puls punica est un plat est sucré qui jouait sans doute dans l'alimentation punique le même rôle que le couscous chez les maghrébins.
Plaute traite les Africains de "mangeurs de bouillie", bien que les Romains fussent eux-même aussi friands de ces pâtées que leurs descendants le sont aujourd'hui de speghetti ou de polenta.

Les patissiers de Carthage étaient renommés ; ils décoraient élégamment leurs produits à l'aide de moules de terre cuite ; certains ont la forme de poissons ou d'animaux divers ; d'autres présentent toutes sortes d'images : oiseaux, poissons, crustacés, voire même des cavaliers, des personnages fantastiques empruntés au répertoire égyptien ou grec.
En fait la cuisine punique, comme la tunisienne, devrait faire alterner les sucrés avec d'autres fort épicés. Les paysans cultivaient un ail très fort dont ils faisaient un usage immodéré. Les légumes les plus prisés étaient le chou, le pos chiche, l'artichaud qui fut sans doute cultivé pour la première fois en Afrique du Nord : il pousse en effet à l'état sauvage sur les "sraouat", plateaux du haut Tell, aussi bien que sur les pentes à peine moins arides des montagnes de Sicile.
Le poisson était heureusement une ressource appréciable pour les pauvres. Les côtes tunisiennes sont fort bien peuplées en mulets, loups, mérous, soles et daurades, et surtout en thons qui viennent chaque année sur les côtes du Cap Bon. Le port de Missua, aujourd'hui Sidi Daoud, dut probablement son développement à des thonaires ; des salaisons étaient intallées dans le sud, à l'entré du lac des Bibans et tout le long de la côte de byzacène. On recevait aussi des thons de l'Atlantique, que les gens de Gadès allaient pêcher juque dans la mer des Sargasses et qu'ils expédiaient, salés, dans de grands pots.

Les innombrables amphores à vin, alongées et terminées en pointe, qui ont été retrouvées sur tous les sites puniques indiquent assez le goût des Carthaginois pour cette boisson.

Et ce n'est pas par hasard qu'on dit que les Carthaginois aimaient le confort, la pâtisserie et le bon vin !