Quand Magon cultiva la vigne
Les carthaginois ne se faisaient faute de cultiver la vigne et d'en tirer du vin ; ils s'étaient même acquis une certaine réputation pour une espèce de Malaga ou de Xèrès que les Romains nommaient passum et dont Magon donnait la recette :
- Cueillir des raisins hâtifs, très mûrs, rejeter les grains de moisis et gâtés.
- Enfoncer en terre, à la distance de quatre pieds, des pieux ou des fourches que l'on relie avec des perches.
- Placer au-dessus des roseaux sur lesquels on exposera le raisin au soleil ; le couvrir la nuit afin que la rosée ne la mouille pas.
- Quand il sera desséché, détacher les grains et les jeter dans une jarre ou une cruche.
- Ajouter du moût, le meilleur possible, jusqu'à ce que les grains en soient recouverts.
- Le sixième jour, quand le raisin aura absorbé ce moût et s'en sera gonflé, le mettre dans un couffin, le faire passer sous le pressoir, et recueillir le liquide.
- Ensuite, fouler le marc en y ajoutant du moût tout frais fait avec d'autres raisins qu'on an aura laissé au soleil pendant trois jours.
- Bien mêler, mettre sous le pressoir, enfermer aussitôt dans des vases lutés le liquide produit par cette seconde pressée afin qu'il ne devienne pas âpre.
- Puis, après vingt ou trente jours, lorsque la fermentation aura cessé, le tirer au clair dans d'autres vases.
- Enduire tout de suite de plâtre les couvercles et les recouvrir d'une peau.
Les juifs de Tunisie emploient encore un procédé similaire dans la région de Bizerte.
Extrait du livre : "La vie quotidienne à Carthage au temps df'Hannibal, IIIème siècle av.J.C" par Gilbert et Colette Charles-Picard


